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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Economie Publique

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Paternalisme et choix alimentaires

Contexte et enjeux

Les questions de consommation alimentaire occupent une place importante dans les débats de santé publique, en raison d’un lien fort entre consommations alimentaires et montée de maladies chroniques comme le diabète ou l’obésité. Les autorités publiques et sanitaires tentent de promouvoir une alimentation équilibrée, via différentes actions publiques, comme le Programme National Nutrition Santé (PNNS) ou la taxe soda, entrée en vigueur en 2012. Le paternalisme est, implicitement, à la base des interventions réglementaires sur les marchés. Le paternalisme se définit par le fait de prendre des décisions pour guider voire contraindre les citoyens. Cette problématique est évidemment importante pour les enfants, dont les choix alimentaires sont largement influencés par l’environnement familial.

Malgré les arguments fréquents justifiant ou blâmant le paternalisme, il existe peu de preuves concernant la façon dont les personnes (les décideurs) prennent des décisions pour les autres, ou comment les bénéficiaires du paternalisme (les destinataires) réagissent aux décisions prises pour eux. Deux expériences complémentaires proposent des protocoles en laboratoire permettant d’étudier précisément le paternalisme. Dans ce contexte, mesurer le paternalisme consiste à comparer, pour un participant, les décisions prises pour lui-même et celles prise pour une autre personne, que cette autre personne soit une personne anonyme (expérience 1), ou un membre de sa famille (expérience 2).

Résultats

L’expérience 1 concerne 300 personnes recrutées en Novembre 2011 dans deux villes : Stillwater, Oklahoma, aux États-Unis et Dijon (au centre INRA), Bourgogne, France. Nous étudions comment les choix entre un aliment avec une dimension santé (pommes), et un aliment relativement moins bon pour la santé (biscuit chocolaté), sont influencés par les rôles respectifs des participants (décideurs ou destinataires). Lusk et al. (2014) montrent, qu’après avoir fourni des informations sur le contenu nutritionnel des aliments, les décideurs font des choix plus sains pour les destinataires que pour eux-mêmes, ce qui est nettement moins le cas avant la révélation d’information. Avant de recevoir les informations, les destinataires font des choix plus sains pour eux-mêmes, que ceux qu’ils attendent/anticipent des décideurs. Les résultats de Lusk et al. (2014) révèlent aussi que plus de 75% des destinataires préfèrent leurs propres choix, par rapport à ceux pris pour eux par les paternalistes.

Toujours dans le cadre de l’expérience 1, Marette et al. (2016) mettent en évidence les pertes de bien-être que peut subir le destinataire, à cause de choix imposés. Quand les choix du décideur diffèrent des préférences et des choix du destinataire, ce dernier subit une perte de bien-être ou de surplus, au moins à court terme. Nous mesurons empiriquement cette perte, et nous suggérons qu'elle joue un rôle méconnu dans l'évaluation de l'opportunité des politiques publiques, souvent motivées par l'économie comportementale. Ainsi, des décideurs choisissant pour les autres peuvent engager des politiques d’information nutritionnelle, qui ne seraient pas choisies si on se basait uniquement sur les choix des destinataires. Ce résultat vient d’un nombre significatif de décideurs faisant des choix pour eux-mêmes, différents des choix qu’ils ont réalisés pour les autres.

L’expérience 2 examine des choix effectués par des enfants et par leur mère (Marette et al. 2014 et 2015). Les choix se focalisaient sur des aliments liés au goûter. Les données de cette expérience ont été recueillies lors d’une expérience en laboratoire, conduite auprès de 111 équipes mère-enfant, recrutés à Dijon en France en Avril 2014 (au Centre INRA). Chaque mère et chaque enfant choisissait séparément pour eux-mêmes et l’autre membre de leur famille, entre des aliments relativement sains pour la santé (des compotes) et des aliments relativement peu sains pour la santé (des barres chocolatées).

De nombreux participants ont fait des choix pour eux-mêmes, différents des choix qu’ils ont réalisés pour l’autre personne de leur famille. Avant la révélation d’information, 51,3% des mères se sont révélées « indulgentes » pour leur enfant, en choisissant moins d’aliments sains pour leur enfant que pour elles-mêmes. A l’inverse, 67% des enfants se sont révélés «paternalistes» pour leur mère, en sélectionnant plus de produits sains pour leur mère que pour eux-mêmes. La communication du message nutritionnel influence significativement les choix des mères et des enfants en faveur des produits sains, à la fois pour eux-mêmes et pour autrui. Les estimations économétriques montrent que les participants, se révélant « paternalistes » avant la révélation du message nutritionnel, ont significativement plus de chances d’augmenter leur choix de produits sains pour eux-mêmes, à la suite de la révélation de ce message nutritionnel. Ce « paternalisme » vis-à-vis d’un membre de sa famille montre l’impact des liens familiaux sur l’efficacité des politiques nutritionnelles.

Perspectives

Ces premiers résultats invitent à une analyse plus approfondie des impacts des politiques publiques dans le domaine de la nutrition, en étudiant notamment la relation parents -enfants.

 

Lusk J.; Marette, S.;Norwood, B. (2014) The Paternalist Meets His Match. in : Applied Economic Perspectives & Policy, vol. 36. pp. 61–108.

Marette S.; Lusk J.; Norwood, B. (2016) Choosing for Others. A paraître dans Applied Economics. 

Marette S.; Issanchou, S.; Monnery-Patris, S.; Ginon, E.; Sutan, A. (2014) Impact d’une information nutritionnelle sur le choix de goûters pour soi ou pour autrui : les enfants sont-ils plus « paternalistes » que leur mère ? in : Nutrition Clinique et Métabolisme, vol. 28, S50-S51.

Marette S.; Issanchou, S.; Monnery-Patris, S.; Ginon, E.; Sutan, A. (2015) Are children more paternalistic than their mothers when choosing snacks? Document de travail.